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Choisir son épée de GN

Les armes et plus encore l’épée, de par sa valeur symbolique, participent de façon importante à l’immersion dans l’univers du GN. Le choix de votre épée est donc important, il dépend de plusieurs éléments, comme :

  • l’univers dans lequel évolue votre personnage
  • vos préférences personnelles liées à l’esthétique de l’épée et au niveau de finition,
  • votre morphologie c’est à dire l’allonge qu’elle vous permet, le poids ou le confort de prise en main qui dépend essentiellement du fait qu’elle est plus ou moins bien équilibrée.
  • votre style de combat préféré.

Pour vous aider dans votre choix, nous vous proposons ce petit guide, mais avant de choisir son épée de GN il est bon d’avoir en tête la spécificité de l’escrime de GN.

Les règles de base du combat à l’épée en GN

Le combat à l’épée en GN se distingue de l’escrime médiévale par de nombreux aspects. En GN l’attaque consiste à faire perdre des points de vie à son adversaire en le touchant avec l’épée. Le terme de touche est important car il ne s’agit pas de frapper votre adversaire (au risque de le blesser) mais de le toucher de façon suffisamment nette pour que le point ne soit pas discutable (il ne s’agit pas non plus de « caresser » votre adversaire avec votre épée : il est préférable que l’attaque ait une certaine vivacité, ne serait-ce que pour rendre plus crédible le roleplay ; la sécurité des armes en mousse autorise une certaine liberté dans ce sens). Vous ne pouvez cependant pas toucher votre adversaire n’importe où et n’importe comment. Les parties du corps attaquables sont : le tronc, les bras, les jambes à l’exclusion des mains et des pieds. Une touche sur la main ou le pied ne sera généralement pas comptabilisée. De même concernant le tronc, les coups sur les parties génitales et sur la poitrine des filles sont interdits. Les coups à la tête sont généralement interdits, bien que certaines fédérations de GN les tolèrent dans une certaine mesure.

Les types d’attaques acceptés se limitent aux coups de taille, c’est-à-dire les touches avec le tranchant ou le plat de l’épée. Les coups d’estoc qui sont portés avec la pointe de l’épée sont interdits à cause de la dangerosité en cas de déchirure de la pointe de l’épée.

A noter qu’il existe pourtant des armes d’estoc en GN, c’est le cas des lances télescopiques de Calimacil. Le bout de ces lances est monté sur ressort et se rétracte à l’impact. Ce type de lance n’est utilisé qu’à Bicolline, au Canada.

Image qui montre en situation des joueurs qui forment une ligne de bouclier de lance
Bataille de lances. Photo duché de Bicolline. https://www.bicolline.org

Le brisé, c’est-à-dire le coup fendant qui frappe l’adversaire de haut en bas est interdit car porté accidentellement à la tête il peut estourbir sérieusement votre adversaire.

Les techniques de combat médiéval qui utilisent l’épée tenue par la lame doivent être évitées. Le coup meurtrier, ou Mordhau, qui consiste à tenir l’épée par la lame pour frapper avec la garde ou le pommeau sont interdits : Souvent les pommeaux des épées de GN sont assez durs et n’offrent pas une sécurité suffisante s’ils sont utilisés pour porter des coups. Les crochetages épée tenue par la lame qui utilisent la garde pour saisir l’épée ou le bouclier adverse ou faire un croche-pied sont particulièrement dangereux et strictement interdits. D’ailleurs les quillons qui sont souples risquent de se déchirer dans une telle attaque.

Les règles du combat en GN n’attribuent généralement pas de points d’attaque supplémentaires en fonction de l’arme. Les armes sont dites « neutres et égalitaires », c’est à dire que chaque arme est équivalente en termes de dégâts qu’elle procure. Cette façon de compter les points évite de favoriser l’équipement au détriment de la qualité de jeu. L’avantage de telle ou telle arme résultera donc uniquement de votre adresse à l’utiliser et aux qualités intrinsèques qu’elle vous permet d’exprimer. Il est préférable toutefois de se renseigner auprès des Orgas sur ce point. Par exemple, certains GN attribuent 2 points d’attaque aux épées à deux mains.

Lors des GN vous serez amenés à livrer 3 types de combats à l’épée : le duel, le combat en arène et le combat de terrain (escarmouche ou bataille rangée). Lors du duel ou du combat en arène, la première touche donne le point. Lors du combat de terrain chaque touche fait perdre un point de vie quel que soit le type d’épée. Au début du combat le total des points est la somme des points de vie restants et des points d’armure (1 point par pièce d’armure). Un joueur peut avoir des points d’attaques supplémentaires s’il a des compétences particulières ou s’il utilise la magie. Dans ce cas il doit l’annoncer auparavant et sa touche fera perdre 2 points de vie.

On voit que lors des combats une touche fait perdre le même nombre de points quel que soit le type d’épée. Pourquoi donc choisir une épée en particulier ? Votre choix dépend de votre style de combat et du type de combattant que vous êtes.

Description d’une épée réelle

Une épée est formée à partir d’une barre d’acier dont un côté est frappé à chaud pour l’aplatir et former la lame. L’autre côté recevra la poignée.

  • La lame se compose de trois parties : le tiers distal (partant de la pointe) constitue le faible, il est très aiguisé et sert à porter les coups de taille. Le deuxième tiers constitue le fort : cette parie moins aiguisée sert à parer les coups. La lame est souvent creusée d’un sillon central ou de deux sillons :  ces gouttières ont pour fonction d’alléger la lame et participent ainsi à l’équilibre de l’épée. Sur les épées les plus luxueuses la lame était gravée de multiples motifs.
Différentes parties d'une épée
Différentes parties d’une épée

La partie de la lame immédiatement au-dessus de la garde constitue le talon. Elle n’est pas aiguisée et sert à tenir l’épée par la lame pour certains types d’attaque. Sur les épées à deux mains le talon s’allonge considérablement et se spécialise pour la tenue par la main gauche jusqu’à être parfois recouvert de cuir, il forme le « ricasso ».

épée de GN avec un ricasso
Lame de GN avec un ricasso

A l’origine l’épée est utilisée pour porter des coups de taille. La lame est large, à double tranchant.

Avec le développement de l’estoc l’accent a été mis sur la pointe au détriment du tranchant, sur le modèle de l’épée espagnole, dite rapière, qui s’est répandue à partir du 15ème siècle. Entre le 16ème et le 18ème siècle la lame s’est progressivement effilée, adoptant une section en losange (diamantée) ou triangulaire pour évoluer plus tard vers l’épée de cour qui est essentiellement une épée de duel.

  • La garde est une pièce métallique de protection, constituée de deux quillons, qui est enfilée sur la soie jusqu’au contact avec la lame. La garde d’abord très courte (comme sur les glaives romains) s’est agrandie avec des quillons en croix dans les épées médiévales pour protéger la main. Au cours du 14ème– 15ème siècle les quillons ont été tordus d’un côté vers le pommeau pour protéger la main, et de l’autre vers la lame pour protéger les doigts et bloquer la lame adverse (quillons chevauchés). Avec le développement de l’escrime de pointe la façon de tenir l’épée a changé et la garde s’est modifiée en conséquence. Des petits anneaux (pas d’âne) ont été ajoutés pour protéger les doigts qui sont placés en avant de la garde pour améliorer l’allonge Ensuite ont été ajoutées sur le côté de la poignée des contre-gardes, qui ont évolué en coques et en coquilles au 17ème siècle pour protéger toute la main des coups de pointe, alors que les quillons disparaissaient.
  • La poignée est formée par la tige proximale de l’épée qui constitue la soie et que vient recouvrir un manche généralement en bois ou en corne, éventuellement recouvert de cuir, ou de fil d’argent pour constituer la fusée.
  • Le pommeau est une pièce fixée par un rivet au bout de la poignée pour tenir ensemble tous les éléments. Le pommeau sert aussi à empêcher la poignée de glisser dans la main, et à équilibrer l’épée en jouant le rôle de contrepoids. Dans certains cas le pommeau pouvait s’ouvrir pour y insérer une relique sacrée qui était supposée protéger son porteur au cours des combats. On raconte que le pommeau de Durandal, l’épée de Roland contenait « une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, des cheveux de monseigneur saint Denis, et un morceau du vêtement de la Vierge Marie. ».

La forme du pommeau a beaucoup évolué en fonction des régions et des modes.

Description d’une épée de GN

Une épée de GN cherche à reproduire une épée réelle avec le plus de réalisme possible, mais ici au contraire d’une véritable épée, tout est fait pour éviter de blesser. C’est la réunion de trois critères qui définissent la qualité d’une épée de GN : sécurité, durabilité, réalisme.

Structure et différentes couches d'une épée de GN
Structure d’une lame de GN

La fabrication d’une épée de GN suit les mêmes principes qu’une épée réelle : Le cœur de l’épée est constitué d’une tige en fibre de verre qui d’un côté est entourée d’une mousse sculptée pour former la lame, et de l’autre côté reçoit la poignée.

La mousse formant la lame sert à la fois à la protection des joueurs en amortissant les coups et à l’esthétique de l’épée. Elle est constituée soit de mousse type EVA sculptée puis couverte de latex, soit de mousse polyuréthane moulée à chaud. Par mesure de sécurité la tige en fibre de verre s’arrête avant la pointe et elle est recouverte de cuir ou de kevlar pour atténuer le choc en cas de déchirement de la pointe. Comme la pointe de l’épée de GN n’est pas renforcée par la fibre de verre elle reste très souple et risque de se déformer irrémédiablement voire de se déchirer si l’épée est posée sur la pointe.

Sur les épées en mousse et latex, la garde et la poignée sont collées sur la fibre en même temps que la lame. La fusée est ensuite recouverte par un enroulement de cuir ou de suédine. Sur les épées dont la poignée est en plastique moulé, la poignée toute faite est insérée et collée sur la tige (il est d’ailleurs possible d’acheter des poignées de rechange pour réparation). Sur ces modèles la poignée en plastique atteint des niveaux de réalisme qui imitent à la perfection le bois ou le cuir. Toujours pour des raisons de sécurité les quillons de la garde ou les coques sont très souples sur les épées de GN. Ils n’ont qu’un rôle esthétique et ne peuvent pas être utilisés pour bloquer l’épée adverse comme on le ferait en escrime médiévale.

Les différents types d’épées

On distingue dans notre catalogue 4 types d’épées suivant la longueur des lames ainsi que le sabre :

Épées courtes (environ 60cm).

Ce sont des épées à lame large, souvent sans garde, sur le modèle du glaive (gladius hispanicus). Elles sont efficaces pour le combat rapproché à une main ou associées à un bouclier, ou peuvent être utilisées comme seconde épée pour le combat ambidextre. Elles permettent les attaques rapides et agiles, mais nécessitent de s’approcher très près de l’adversaire.

Type d’attaque classique : parade au bouclier et dans la foulée toucher aux membres.

Avantages : légère, peu encombrante, facilement dissimulable pour une attaque surprise.

Épées moyennes (Entre 70 et 90cm)

Ces épées sont dérivées de la spatha germanique. Les spatha étaient plus longues que les glaives car conçues pour être utilisées à cheval elles nécessitaient une allonge plus importante. Elles ont été largement adoptées par les armées et ont servi de modèle pour l’épée classique à une main (le mot épée vient d’ailleurs directement du latin spatha, par déformation de spada, ou espada en espagnol).

Type d’attaque classique, on les utilise seules ou en combinaison avec un bouclier, ou en mode ambidextre avec une épée de seconde main.

Avantage : augmentation de l’allonge, s’utilise d’une main sans problème.

Inconvénient : peuvent être lourdes et déséquilibrées dans les versions les plus longues. Le poids varie de 230 à 350g pour des épées de 75 à 90cm.

Épées longues (environ 1 m)

Ce sont des épées intermédiaires entre les épées moyennes et les épées à deux mains. L’épée longue est aussi appelée épée à une main et demi ou épée bâtarde, car la poignée n’est pas assez longue pour accueillir les deux mains. Souvent en escrime médiévale on tient cette épée avec une main sur la poignée et une main sur le talon de la lame. De cette façon on rééquilibre l’épée, mais on perd le rôle protecteur de la garde, il est donc préférable de porter des gantelets.

 Certains modèles d’épées sont disponibles en version moyenne (environ 85 cm) ou longue (environ 1 m). La poignée est identique, seule la lame est rallongée de 15 à 20 cm. Le choix d’une épée en version moyenne ou longue dépendra de vos goûts esthétiques, mais aussi de votre taille. Le principal intérêt d’une épée longue est d’augmenter l’allonge, au prix d’un moins bon équilibre.

Avantage : la grande allonge de l’épée permet de maintenir l’adversaire à distance.

Inconvénient : le déséquilibre et le poids (450 à 550g pour une épée de 1m) ne garantissent pas une efficacité maximum contre un adversaire alerte équipé d’une épée plus courte (c’est vite fait de se prendre une touche sur la jambe sur un retour de parade).

Épée à deux mains (plus d’1 m)

Ces épées très longues se caractérisent par la présence d’un emplacement dédié à la prise par la seconde main, soit par une garde longue avec emplacement pour deux mains (souvent séparés par une bague), soit par la présence sur le talon de la lame d’un emplacement aménagé pour la prise en main appelé « ricasso ».

 Au moyen âge les épées à deux mains étaient utilisées par les chevaliers qui la fixaient à la selle (épée d’arçon). Elles permettaient aux chevaliers désarçonnés de faire place nette autour d’eux. C’était aussi l’arme des double-soldes. Ces fantassins armés de longues épées à deux mains étaient chargés d’attaquer les lignes ennemies pour briser les lances du mur de défense afin d’ouvrir la voie aux chevaliers. Vu la dangerosité de leur mission ces soldats étaient payés double solde (prime de risque ?). Les épées à deux mains étaient aussi utilisées pour les duels de justice.

 Pratiquement dans beaucoup de GN on considère que l’épée est une épée à deux mains quand posée debout devant soi elle arrive au-dessus du nombril. L’avantage de ces épées est leur allonge qui peut atteindre 1m30 avec une lame de type « colossal ». Les épées à 2 mains de GN sont encombrantes et lourdes (de 700g à plus d’un kilo) mais restent relativement maniables parce que généralement bien équilibrées par la longue poignée qui fait contre poids. Le porteur de ce type d’épée peut protéger son groupe en tenant les ennemis à distance ou aller enfoncer les lignes ennemies.

Avantages : Elles sèment la panique chez l’ennemi et se révèlent d’une efficacité redoutable pour maintenir un groupe d’adversaires à distance ou pour faire éclater un mur de défense.

Inconvénient : Elles sont lourdes et encombrantes à transporter. Fixées à la taille elles traînent par terre, sur le dos elles sont difficiles à sortir du fourreau, on les porte donc généralement sur l’épaule.

Le sabre

Le sabre existe depuis longtemps en Asie, mais l’origine du sabre européen semble remonter au düsack utilisé par les Daces, une population d’Europe centrale qui occupait le nord du Danube. Sous l’influence des invasions des hordes asiatiques le sabre s’est répandu dans toute l’Europe puis au Moyen-Orient au 14ème siècle. Il a pris différentes formes suivant les peuples et les fonctions : Le cimeterre moyen oriental ; le katana japonais ; le sabre de cavalerie à lame courbe ou droite, le sabre d’abordage, le sabre d’apparat qui a progressivement remplacé l’épée pour différents corps en uniformes, l’épée restant associée aux fonctions les plus prestigieuses.

Le sabre se différencie de l’épée par une lame à un seul tranchant et plus ou moins courbe. Ces particularités s’expliquent par le fait que c’est essentiellement une arme de cavalerie : Du haut de son cheval le cavalier utilise son sabre pour donner des coups de haut en bas, le dos de la lame n’a donc pas besoin de tranchant, mais au contraire doit être renforcé. La courbure de la lame permet de manier le sabre plus facilement sans toucher le cheval. Elle permet aussi de faciliter le mouvement de la lame : à la différence de l’épée dont les coups de tranchants doivent être appliqués avec force, à l’image du hachoir de boucherie, la lame de sabre agit comme un couteau, elle pénètre et glisse le long de l’entaille pour l’étendre. La courbure de la lame facilite cet effet de taille, mais elle est peu efficace pour l’estoc. La dualité de la lame de sabre est exprimée par l’équipement des régiments de cavalerie des armées napoléoniennes où la cavalerie lourde (cuirassés) était équipée du sabre à lame droite (la latte française) d’environ 1m10 qu’elle utilisait lors des charges en ligne en pointant contre les lignes d’infanterie, comme chargeaient les chevaliers avec leur lance, alors que la cavalerie légère qui combattait individuellement plutôt qu’en ligne utilisait des sabres à lame courbe (lame à la Montmorency) d’environ 1m pour frapper de taille. Les hussards Hongrois du 19 ème siècle portaient deux sabres : un sabre à lame courbe à la ceinture et un sabre droit (Palash) attaché à la selle, ce qui n’est pas sans rappeler l’armement des chevaliers du moyen-âge avec l’épée de taille à la ceinture et l’espadon attaché à la selle.

Le sabre a aussi été adopté dans la marine où il se révèle efficace pour les combats sur l’espace réduit et encombré du pont des navires. Le sabre d’abordage est plus court (environ 80cm) avec une lame courbe et large et une grosse coque sous garde qui lui vaut le nom de cuillère à pot (La tradition veut que les marins fabriquaient leur sabre en assemblant des louches avec de grands couteaux de cuisine). Dans l’imaginaire collectif le sabre est devenu l’arme iconique du pirate.

Choix de la taille de l’épée

Vous êtes nerveux, vous aimez aller au contact ; vous opterez plutôt pour une épée courte et légère pour parer rapidement et porter des attaques éclair. Toutefois la notion de légèreté est subjective et ne sera pas la même si vous êtes une femme de 50Kg ou un grand gaillard de 100 Kg. Pour évaluer le poids de l’épée, deux éléments sont à prendre en compte : le poids de l’épée et son point d’équilibre.

Le poids de l’épée dépend de sa longueur, mais aussi de la méthode de fabrication. Ainsi, chez Epic armoury pour une épée en latex il faut compter environ 230g pour une épée moyenne (75cm environ), 330g pour une épée de 90cm, et 470g pour une épée de plus d’un mètre. Les épées en plastique moulé de Calimacil sont environ 30% plus lourdes et atteignent jusqu’à 800g pour une claymore de 1,2 m, et 1,2 Kg pour une épée « colossale ». Dans l’ensemble le poids d’une épée de GN représente environ 50% du poids d’une épée réelle comme le montre la courbe ci-dessous.

Ce graphique montre la variation du poids des épées en fonction de leurs longueurs
Comparaison de l’évolution du poids en fonction de la longueur des épées réelles (en rouge) et des épées de GN (en bleu). Les courbes de tendances montrent que
pour les épées de GN le poids = 7x la longueur +260g,
pour les épées réelles le poids = 14 x la longueur +260g.
Pour une même longueur une épée de GN pèse donc en moyenne deux fois moins qu’une épée réelle.

Le point d’équilibre est aussi à considérer : plus il est en avant de la poignée et plus l’épée vous semblera lourde. S’il est au niveau de la garde, l’épée est parfaitement équilibrée.  On conçoit que plus la lame est longue, plus le point d‘équilibre s’éloigne de la garde et plus la force de frappe augmente. Ainsi, les épées de justice destinées à la décapitation étaient fortement déséquilibrées pour maximiser la force de frappe. A l’inverse le poignet est plus sollicité et demande plus d’effort pour relever l’épée. Sur les épées de combat qui doivent être maniables dans toutes les directions c’est le rôle du pommeau de ramener le point d’équilibre vers la poignée en contrebalançant par son propre poids.

L’avantage de l’augmentation de la force de frappe apportée par une lame longue n’est pas un argument en escrime de GN puisqu’on cherche seulement la touche. On préfèrera donc des épées plutôt équilibrées pour un meilleur confort d’utilisation (moins de fatigue) et plus de réactivité (relevage de l’épée plus rapide). Le bon équilibre d’une épée dépend de la répartition du poids entre la lame et la poignée. Comme toute l’épée est dans la même matière et qu’on ne peut pas lester le pommeau comme on le ferait sur une épée réelle, l’équilibre dépend donc des longueurs respectives de la lame et de la poignée. Par exemple, l’épée Hersir de 73cm a un point d’équilibre à 11cm de la poignée, alors que la version Hersir de 88 cm, avec la même poignée mais une lame plus longue, a un point d’équilibre à 20 cm de la poignée. Cet exemple illustre le choix entre un matériel plus court, léger et maniable (bon équilibre) et une allonge plus importante au détriment du poids (30% de plus pour la Hersir) et la maniabilité (équilibre). Le choix d’une épée en version moyenne ou longue dépend de votre style de combat, de votre morphologie (force, poids) et du look que vous recherchez pour votre personnage.

Paradoxalement une épée à deux mains bien que plus lourde (700g en moyenne) tenue près de la garde vous paraitra aussi équilibrée qu’une épée de 70 cm. En effet lorsque la poignée s’allonge le point d’équilibre se rapproche de la garde.

Ce choix d’une épée en fonction de son poids et de son équilibre se fait plus facilement l’épée en main, mais pour vous aider à vous faire une idée nous avons regroupés dans un tableau les points d’équilibre mesurés sur de nombreuses épées de GN. On notera que certaines épées de GN sont particulièrement bien équilibrées, c’est le cas par exemple des katanas et des épées elfiques de Calimacil (voir le tableau Poids/équilibre).

Les styles de combat

Un élément à prendre en compte dans le choix de votre épée est votre style de combat préféré. Globalement on peut considérer quatre types de combat à l’épée en GN :

  • Le combat à une main,
  • le combat à l’épée et au bouclier,
  • le combat ambidextre,
  • le combat à l’épée à deux mains.

Le combat à l’épée à une main : C’est le premier type de combat qu’utilisera le débutant parce que son équipement est probablement encore limité, et parce qu’il paraît plus simple a priori. Mais attention un bon escrimeur doit s’appuyer sur une bonne technique de phases d’attaque et de défense, c’est tout l’art de l’escrime. L’escrime de sabre est ce qui se rapproche le plus de l’escrime de GN où la priorité est donnée aux coups de taille. Une main tient l’épée, l’autre main sert à assurer l’équilibre, mais vous pouvez passer l’épée d’une main à l’autre pour faire des feintes, voire tenir l’épée à deux mains pour certaines attaques.

On préférera pour ce type de combat une épée polyvalente, légère, moyenne, ou longue suivant sa morphologie pour augmenter son allonge. Certains utiliseront une épée bâtarde, plus lourde, mais qui vous permet de mixer des attaques à une main et à deux mains.

Le combat à l’épée et au bouclier : L’association épée –bouclier permet d’aller au contact en utilisant le bouclier pour repousser l’adversaire. On peut ainsi s’approcher suffisamment d’un adversaire équipé d’une épée longue pour qu’il soit gêné dans ses attaques. Dans ce type d’escrime on utilise un petit bouclier, type rondache ou targe pour plus de maniabilité. La main gauche pare les coups avec le bouclier et la main qui tient l’épée porte les attaques.

En escrime médiévale le bouclier est aussi une arme offensive. Il permet de repousser, ou déséquilibrer l’ennemi, c’est une des fonctions de l’umbo, le gros mammelon au centre du bouclier. Le bouclier est aussi utilisé pour porter des coups avec le bord, mais ces attaques ne sont pas acceptées en GN. En combat de GN le bouclier est donc uniquement un équipement défensif.

Bouclier Gobbo

La rondache et la targe sont utilisées pour parer les coups de l’adversaire, comme la dague en combat ambidextre. On les utilise avec une épée moyenne ou longue. Une technique plus protectrice consiste à utiliser un bouclier plus large. Le bouclier est poussé vers l’adversaire pour le forcer à reculer et gêner ses attaques tout en utilisant l’épée pour toucher les jambes. Avec un bouclier plus large vous pouvez utiliser une épée courte qui vous donne plus d’agilité et que vous pouvez cacher derrière le bouclier pour empêcher l’ennemi de prévoir votre attaque. Le bouclier Gobbo se prête bien à ce type d’attaque grâce à son échancrure qui facilite le passage de l’épée.

Le combat ambidextre : Le combat à deux mains est techniquement le plus intéressant, mais il demande une certaine dextérité et de l’entraînement pour synchroniser efficacement les actions des deux mains. En escrime médiéval on utilise son épée main droite pour attaquer et sa dague main gauche pour parer les coups de l’épée adverse, mais on peut aussi utiliser une épée longue et une épée gauche plus courte, ou deux épées de même taille. Les épées sont alternativement utilisées pour l’attaque et la défense. Typiquement on bloque l’épée adverse avec l’arme main gauche et on en profite pour porter une attaque avec l’épée main droite. Les bonnes associations pour ce type de combat sont : une épée longue ou bâtarde et une dague, une épée longue ou moyenne et une épée courte, ou deux épées moyennes. A l’époque des duels certains armuriers avaient créé des épées dites jumelles qui sont identiques et s’emboîtent l’une dans l’autre pour entrer dans un seul fourreau.

Le combat à l’épée à deux mains : L’utilisation de l’épée à deux mains permet de maximiser son allonge et sa force de frappe. C’est utile en escrime médiévale, mais vu son poids, en GN il faut au contraire réserver ses coups pour ne pas blesser son adversaire avec cette épée. L’épée étant tenue à deux mains elle paraît moins pesante, mais son encombrement oblige à des attaques moins fulgurantes et rend les parades difficiles à réaliser. L’épée est utilisée essentiellement en attaque, mais un joueur grand et costaud l’utilisera aussi facilement qu’une épée bâtarde ou longue. Pour se protéger lors des combats à l’épée à deux mains, les combattants portaient parfois sur le devant comme un plastron une targe tenue autour du cou par une lanière.

Choix de l’épée de GN en fonction de votre personnage.

La première règle ici est : faites-vous plaisir. Choisissez l’arme qui vous plaît, quel que soit votre personnage. Vous pourrez toujours ajouter son histoire au background de votre personnage, par exemple que vous avez pris l’épée sur un cadavre ou que vous l’avez confisquée à un adversaire vaincu. Mais si vous voulez équiper votre personnage dans l’univers qui lui correspond, ces quelques lignes pourront vous être utiles.

Si vous êtes un être non-humain, vous pourrez choisir directement dans les armes correspondant à votre univers.

 Si vous êtes un elfe,

 vous choisirez bien sûr une épée elfique, et là vous êtes gâté, on trouve dans cet univers des épées particulièrement jolies, et de grande qualité. Par exemple les épées elfiques de Calimacil sont parmi les mieux équilibrées. Vous trouverez un large choix d’épées elfiques suivant que vous êtes elfe blanc, elfe noir, elfe des bois, etc… Les épées elfiques sont à simple tranchant, leur utilisation se rapproche donc plus du combat au sabre ou au katana, bien qu’une touche avec le dos de la lame est tout aussi valable. Elles ont une petite garde, voire pas de garde, ce qui fait que certaines épées elfiques d’Epic Armoury glissent dans le fourreau, mais il existe des petits crochets en cuir à attacher sur la poignée qui permettent de résoudre ce problème.

Si vous êtes un gobelin vous n’êtes pas très efficace au combat à l’épée, vous préférez des armes plus rudimentaires, ou des épées récupérées sur des cadavres que vous adaptez avec les moyens du bord. Vous utiliserez plutôt une petite épée de style elfe noir ou même une dague longue type scramasaxe ou dague araignée.

Si vous êtes un orque

vous préférerez une grande épée rustique au look sauvage, qui inspire la terreur chez vos adversaires. Des épées comme la choppa, une grosse masse, le hachoir d’orque ou la voleuse d’âme sont faites pour vous.

Si vous êtes un humain  plusieurs options s’offrent à vous :

Si vous êtes un chevalier ou un guerrier médiéval,

 vous vous tournerez plutôt vers une épée normande. Le type normand se réfère à l’armement au 11ème siècle, tel qu’il apparaît sur la tapisserie de Bayeux qui décrit de façon détaillée la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Ces épées médiévales ont une garde simple à deux quillons en forme de croix, et un pommeau en cercle ou en demi-lune suivant les époques. Les quillons n’ont pas sur les épées de GN de fonction de frappe ou de blocage de l’épée adverse (attaques interdites en GN). Si vous souhaitez donner plus de noblesse à votre personnage, en arborant une garde plus travaillée, vous vous orienterez vers une épée de type rapière, une épée noble ou une épée de cour. Les rapières sont des épées traditionnelles espagnoles qui sont à la fois de taille et d’estoc. Elles ont été adoptées dans toute l’Europe au 15eme siècle, avec le développement de l’escrime de pointe (estoc), mais elles étaient utilisées beaucoup plus tôt. La rapière a évolué en flamberge, colichemarde puis épée de cour, jusqu’au fleuret moderne. Alors que sur les épées réelles les gardes complexes des rapières et les coquilles des épées de cour ont pour but de protéger la main des coups de pointe, en GN elles n’ont qu’un rôle décoratif, et même si la lame de ces épées de GN est plus fine, comme sur l’épée de cour  de Epic Armoury, elles ne s’utilisent toujours qu’en attaque de taille en GN.

Si vous êtes un viking

votre épée sera du type glaive celtique ou spatha, plus longues. Ces armes se caractérisent par une lame large, une garde courte, avec des quillons courts et larges et courbés vers la lame, et un pommeau lobé. Ces armes étant fonctionnellement toutes les mêmes vous porterez votre choix sur la qualité des gravures parfois sous forme de runes qui couvrent la garde et parfois la lame sur certains modèles.

Si vous êtes magicien, sorcier ou sorceleur,

 vous voudrez peut-être indiquer par votre épée que vous pouvez exercer des pouvoirs. Vous pourrez alors choisir une épée connue dans ce domaine comme par exemple la Hellfire qui évoque Excalibur avec sa lame rouge feu, ou des épées issues de héros aux pouvoirs magiques comme l’épée de Niobé, l’épée des chevaliers d’Émeraude, ou l’épée du Witcher.

Si vous êtes un nain

votre arme de prédilection est la hache, mais vous pourrez aussi porter une épée. Les épées Naines de Epic armoury ont une forme et une décoration qui conviennent très bien à l’univers des nains et qui sont d’ailleurs fortement inspirées des épées naines qu’on voit dans le film « Le Hobbit ».

Si vous êtes un pirate

votre arme de prédilection sera bien sur le sabre de pirate que vous porterez généralement en bandoulière avec un baudrier.

Si vous êtes un samouraï,

 vous vous intéresserez aux Katanas, Dai Katanas ou Wakizahi qui constituent la panoplie de l’armement des guerriers médiévaux japonais. La réputation de ces lames n’est plus à faire. Mais ne manquez pas de regarder aussi les épées Jian. À la différence du katana, ces épées historiques de l’empire du milieu ont deux tranchants. Elles sont particulièrement élégantes et méritent que vous vous y intéressiez.

Le choix d’une épée de GN en fonction de son budget

Les épées de GN offrent une large gamme de niveaux de finition qui permettent de s’équiper en fonction de son budget, mais elles sont toutes construites sur le même principe et offrent un niveau similaire de sécurité, même si certains modèles, comme chez Calimacil, ont la réputation de frapper plus fort et d’une plus longue durabilité.

Épées d’entraînement

L’équipement le plus économique consiste à acheter des épées d‘entraînement (épées Fidas, gamme Battle Standart). Ce sont des épées très simples au niveau de la finition et qui ne sont pas recouvertes de latex. Ces épées vendues par lot s’adressent plutôt à des clubs ou des associations qui préfèrent ne pas exposer leurs chères épées dans des entraînements où ils savent que les épées seront malmenées. Ces épées peuvent aussi être achetées par des groupes d’amis qui cherchent un équipement minimal pour commencer dans le GN.

Gamme RFB (Ready For Battle) EA

Cette gamme premier prix de Epic Armoury est une bonne solution pour le débutant comme pour le joueur expérimenté qui cherche une arme de qualité à un bon prix. Dans cette gamme des lames sont constituées d’une tige en fibre de verre entourée de mousse EVA et recouverte de plusieurs couches de latex. Les lames de ces épées doivent donc être entretenues avec un traitement au silicone. La fusée est soit en mousse recouverte de suédine (classique) soit avec une poignée en plastique moulé (hybride). C’est le niveau de finition qui différencie cette gamme des gammes supérieures, mais elles présentent les mêmes garanties de sécurité.

Gamme classique en latex EA

Ces épées sont constituées d’une tige en fibre de verre entourée de mousse EVA et recouvertes de plusieurs couches de latex. La fusée est recouverte de suédine pour une meilleure prise en main. Ces épées sont solides, sures, et durables pour peu qu’elles soient régulièrement entretenues avec une couche de silicone pour éviter que le latex ne sèche. La méthode de fabrication ne permet pas d’obtenir une grande précision des détails sur les poignées de ces épées. Les lames de ces épées sont souples et très sécuritaires. Vu l’épaisseur de mousse elles sont généralement assez larges.

Gamme hybride EA

Cette gamme spécifique de Epic Armoury conserve la technique de mousse et latex de la lame classique, et donc demande le même entretien au silicone pour la lame, mais la poignée est moulée dans du plastique polyuréthane puis enchâssée et collée sur la fibre de verre. Avec cette technique la poignée ne nécessite aucun traitement et permet d’obtenir une grande finesse de détails.

Gamme Stronghold EA

Cette gamme spécifique de Epic Armoury est entièrement faite en polyuréthane moulé (lame et poignée). Cette technique permet d’obtenir des épées plus résistantes et plus détaillées que le latex. Les épées moyennes de cette gamme ne nécessitent aucun entretien, mais les épées longues Stronghold utilisées dans les combats doivent quand même être traitées avec du silicone pour réduire les risques de marque sur la peinture.

Gamme master Calimacil

Cette gamme de calimacil utilise une technique de moulage plastique qui permet d’obtenir un très haut de niveau de détail et de produire des lames fines. Ce sont des épées haut de gamme qui se caractérisent par leur solidité et leur rendu très réaliste et ne nécessitent aucun entretien.

Gamme Vétéran Calimacil

Cette gamme est une finition luxe de la gamme master de Calimacil. Les épées reçoivent un traitement manuel avec marquage de la lame et peinture effet vieilli qui donne à l’arme le look très réaliste d’une vieille épée.

La notion d’historicité 

Quand on équipe son personnage de GN on préfère que son épée soit compatible avec l’univers du jeu, par exemple viking, médiéval ou renaissance. La chronicité des types d’épées a été abondamment étudiée et fait l’objet de classements rigoureux, comme la classification d’Oakschott qui répertorie les époques d’apparition des épées en fonction des caractéristiques de la lame, de la garde et du pommeau. Mais les dates sont floues et se chevauchent largement. L’obsolescence programmée n’existait pas à l’époque et les forgerons utilisaient dans leurs échoppes des éléments disparates (lames, gardes, pommeaux) achetés ailleurs pour monter les épées et ne renouvelaient pas souvent leur stock. Ils pouvaient donc apparier les épées avec des éléments de diverses époques. De plus une épée de qualité coûtait très cher et se transmettait par héritage de génération en génération, il arrivait souvent que la lame soit conservée, alors que la poignée était modifiée en fonction des goûts de l’époque, ce qui ajoute de la complexité pour la datation des épées.  Certains sont attentifs à l’historicité de leur épée, notamment des épées médiévales,  mais  la notion d’historicité pour le GNiste est toute relative d’autant qu’on est généralement plongé  dans un univers médiéval-fantastique plutôt que dans la reproduction historique. On peut donc très bien envisager que des épées d’époques différentes cohabitent dans un même GN.  Ainsi on pourra équiper un personnage dont on veut exprimer le haut rang d’une rapière, voire d’une épée de cour qui apporte un look riche au personnage, même si cette dernière n’est apparue qu’au 18me siècle.

Une lame fantastique mélangeant une couteau de tranchée et un sable

D’ailleurs certaines épées de GN mêlent volontairement des éléments anachroniques pour produire des épées originales au look impressionnant : par exemple le Trench knife associe une lame de cimeterre avec une poignée de type poing américain dont les premières versions équipaient les poignards des soldats américains durant les guerres de tranchées dès 1917. On trouvera aussi des épées totalement inventées par exemple pour les elfes, nains, orcs, etc…

Sentez-vous donc vous sentir totalement libre par rapport à l’historicité de votre épée. Là encore le maître mot est Faites-vous plasir !

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