Se relever ? La chose semble facile avec une armure de GN. Mais avec une armure d’époque, qu’en est-il ?
Eh bien, oui. Un combattant portant une armure médiévale de combat bien ajustée pouvait tomber et se relever sans qu’on ait besoin de le remettre debout. L’image du chevalier condamné à gigoter sur le dos comme une tortue renversée doit beaucoup plus au cinéma qu’au fonctionnement réel des armures.
Une armure lourde, mais conçue pour bouger
Une armure complète en plates n’était évidemment pas légère. Le Metropolitan Museum donne environ 20 à 25 kg pour une armure de guerre complète. Les Royal Armouries britanniques avancent plutôt 27 à 32 kg pour un harnois complet. Ces différences dépendent notamment de la période et de l’équipement considéré.
Mais ces kilos répartis sur le corps, ne portent pas sur un seul endroit. Une armure bien ajustée distribue le poids sur l’ensemble du corps.
Surtout, les plaques ne forment pas une grosse boîte métallique rigide. Les protections des bras, des jambes ou du torse sont constituées de plusieurs éléments articulés par des rivets, des sangles et des pièces coulissantes. L’objectif est assez logique : protéger quelqu’un qui doit marcher, courir, monter à cheval et combattre, pas fabriquer une jolie statue.
Le Metropolitan Museum est très explicite sur ce point : les essais réalisés avec des armures historiques et des reproductions fidèles montrent qu’un porteur peut s’asseoir, s’allonger, se relever, courir et monter à cheval.
Même une chute de cheval ne condamnait pas le cavalier
Les Royal Armouries vont un peu plus loin. À propos des combattants équipés de mailles, le musée précise qu’un chevalier brusquement désarçonné pouvait se relever rapidement et reprendre le combat. Pour les armures de plates du XVe siècle, il insiste également sur l’agilité conservée par leur porteur.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une chute de cheval en armure soit une activité à conseiller pour occuper son dimanche après-midi.
Le combattant pouvait être blessé, sonné ou immobilisé par un adversaire. Le terrain pouvait également compliquer sérieusement les choses. Mais l’armure elle-même ne l’empêchait normalement pas de se remettre debout.

Boucicaut poussait même le concept un peu plus loin
Jean II Le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France à la fin du XIVe et au début du XVe siècle, est souvent cité lorsqu’on parle de mobilité en armure.
Sa biographie chevaleresque lui attribue un entraînement physique assez impressionnant : courir en armure, sauter sur son cheval et même grimper sous une échelle à la seule force des bras. Elle affirme également qu’il pouvait faire une sorte de culbute avec presque toute son armure.
Il faut prendre ce récit pour ce qu’il est : une biographie destinée à célébrer un chevalier exceptionnel, pas le compte rendu d’un laboratoire de biomécanique. Il montre néanmoins que les contemporains n’imaginaient manifestement pas l’homme en armure comme quelqu’un incapable de bouger.
Se relever, oui. Se fatiguer aussi.
L’autre cliché serait de passer d’un extrême à l’autre. Porter une armure ne transforme pas non plus 30 kg d’acier en plume.
Une étude publiée dans les Proceedings of the Royal Society B a fait marcher et courir des combattants entraînés avec des reproductions d’armures du XVe siècle. À vitesse égale, la dépense énergétique était environ 2,1 à 2,3 fois plus élevée pendant la marche et 1,9 fois plus élevée pendant la course qu’en l’absence d’armure. Une partie de ce surcoût vient du poids placé sur les membres, qu’il faut accélérer à chaque mouvement.
Une autre étude biomécanique menée par l’historien Daniel Jaquet et plusieurs chercheurs en kinésiologie confirme que l’armure réduit certaines amplitudes articulaires, sans pour autant rendre son porteur immobile.
Bref, tomber n’était pas forcément le problème. Tomber après avoir couru, combattu et transpiré pendant un bon moment pouvait le devenir.
Alors, un chevalier au sol pouvait-il se relever seul ?
Oui, normalement. Une armure de combat médiévale correctement ajustée était précisément conçue pour permettre ce genre de mouvement.
Les armures très spécialisées utilisées dans certains tournois constituent une exception : certaines étaient plus lourdes et pouvaient volontairement limiter les mouvements. Elles ne doivent pas être confondues avec les armures destinées au champ de bataille.
Le chevalier renversé sur le dos attendant qu’un écuyer vienne le remettre sur ses pieds peut donc rester dans les comédies.
Tout ça vous donne des envies d’armure lourde ? Le Chevalier du Drac vous propose l’armure de plate qualité GN Ortwin.
Si vous vous questionnez sur la mobilité de l’armure, peut-être le poids de la maille vous intéresse-t-il aussi !
Sources
- La source la plus directement consacrée à cette idée reçue est l’article de Dirk H. Breiding pour le Metropolitan Museum of Art, qui traite explicitement de la capacité à tomber et à se relever en armure. Arms and Armor: Common Misconceptions and Frequently Asked Questions, Metropolitan Museum of Art
- Les Royal Armouries fournissent les données sur le poids, l’agilité et la capacité d’un combattant désarçonné à se relever. The Hundred Years’ War 1337-1453, Royal Armouries
- Pour la dépense énergétique : G. N. Askew, F. Formenti & A. E. Minetti, « Limitations imposed by wearing armour on Medieval soldiers’ locomotor performance », Proceedings of the Royal Society B, 2012, DOI 10.1098/rspb.2011.0816.
- Pour l’étude biomécanique du mouvement : Daniel Jaquet et al., « Range of motion and energy cost of locomotion of the late medieval armoured fighter », Historical Methods, 2016, DOI 10.1080/01615440.2015.111275.
Cet article a été largement écrit par une IA puis il a été relu par un humain.
