- Buvait-on vraiment dans des cornes à boire ?
- Quand les cornes à boire sont-elles remplacées ?
- À quelle occasion utiliser une corne à boire ?
- Comment faire tenir une corne à boire ?
- Quelle contenance choisir ?
- Quelle corne choisir pour un GN ?
- Une corne à boire est-elle adaptée pour un mariage viking ou médiéval ?
- Que boire dans une corne à boire ?
- Comment cirer une corne à boire ?
- Comment nettoyer les cornes à boire ?
- Comment entretenir ses cornes à boire ?
- Chaque corne à boire est unique
Buvait-on vraiment dans des cornes à boire ?
Dans notre esprit, elles sont bien là : les images du Viking buvant sa corne à boire à la table du Valhalla, du dieu grec trinquant sur le Mont Olympe, du Gaulois sifflant sa cervoise… Mais est-ce qu’on buvait vraiment dans des cornes à boire ?
Dès la préhistoire : une solution de transport et de stockage
Déjà à l’époque préhistoriques, comme en atteste quelques vestiges, les cornes servaient pour le transport ou le stockage de nourriture, de boisson et d’autres substances comme des poudres de pigments.
Tant et si bien qu’à l’âge du bronze, la corne à boire était parfois travaillée. Certaines cornes étaient dotées de poignées et accompagnées d’un support. Ce fut un récipient largement répandu et longtemps utilisé : chez les Scythe, en Grèce, en Afrique, en Amérique précolombienne et chez les Nordiques bien sûr.
Au 9e siècle : la corne à boire viking est une réalité

Les témoignages archéologiques sont forcément particuliers : la corne est une matière organique qui se conserve beaucoup moins facilement que le métal. On retrouve donc parfois surtout les garnitures qui équipaient ces récipients. Des éléments métalliques provenant de cornes à boire du IXe siècle sont ainsi conservés au British Museum.
Les pierres historiées de Gotland apportent également des témoignages iconographiques remarquables. Sur l’une d’elles, cinq hommes tiennent des récipients en forme de corne dans ce qui semble être une scène de consommation cérémonielle.
Sur la pierre de Tjängvide, à Gotland, une figure féminine tend une corne à boire à un cavalier monté sur un cheval à huit jambes. La scène est généralement interprétée comme l’accueil d’un guerrier dans l’au-delà.
La corne est donc bien présente dans l’iconographie scandinave.
Au 11e siècle : traces de beuverie sur la tapisserie de Bayeux
La tapisserie de Bayeux est le vibrant témoignage de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Réalisée au cours du 11e siècle, après 1066, elle présente deux scènes de repas. Dans l’une d’elles, un convive boit jusqu’à la dernière goutte le contenu de sa corne à boire. En effet, il la porte à sa bouche tandis que la pointe de sa corne se lève bien haut au-dessus du convive voisin.

Détail de la Tapisserie de Bayeux – XIe siècle, cl. Ville de Bayeux. Reproduit avec l’aimable autorisation du Musée de la Tapisserie de Bayeux.
Au 13e siècle : l’Ongle de griffon, un maître-étalon
Une autre corne à boire étonnante est conservée par le département Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Il s’agit d’une corne de 37,5 cm de haut montée sur une patte de rapace. On l’appelle l' »Ongle de griffon » – en vérité, c’est une corne de bison (le mystère est aujourd’hui levé). L’artefact fut conçu dans la première moitié du 13e siècle. C’est une magnifique corne au nom délicieusement évocateur.
Il faut préciser que l’Ongle de griffon servit de maître-étalon pour vérifier la contenance des pintes, les mesures de vin vendues en la ville de Saint-Denis. Dans toute taverne ou auberge, l’objet de dosage du vin devait correspondre à la mesure du maître-étalon en ongle de griffon… sous peine d’être détruit ! Voilà une corne à boire fabuleuse à l’usage peu ordinaire !
Les mesures-étalons de l’abbaye de Saint-Denis, par Anne Lombard-Jourdan, vous en apprendront plus sur ce fameux artefact.
À la Renaissance : un objet d’art et de décoration
On trouvait des cornes décoratives à la Renaissance. Des artistes et des artisans façonnaient encore quelques-uns de ces objets à l’époque. Art et savoir-faire somptueux sublimaient des matières nobles comme l’argent ou le cristal. Il reste quelques-unes de ces œuvres.
Quand les cornes à boire sont-elles remplacées ?
Autant de cornes qui ponctuent notre Histoire… cela donne à penser que l’objet a été plutôt répandu ! Et qu’il a bel et bien servi à boire. Mais quand sommes-nous donc passés à autre chose ? Il se pourrait que l’usage se trouve concurrencé dans le courant du 13e siècle.
En tout cas, c’est ce qui semble dans le Roman de la rose, des poètes Guillaume de Lorris puis Jehan de Meung. Guillaume de Lorris écrit aux alentours de 1237, et Jehan de Meung entre 1268 et 1285. Dans ce récit classique plein d’allégories sur l’amour, les convives décrits par Meung ne boivent pas dans des cornes. Ils ont des coupes, des gobelets… Qui sait si ce ne sont pas des gobelets en corne ?
Cela donne une indication sur les usages ayant cours. Mais il est aventureux de fixer une date à laquelle l’Europe aurait soudain rangé toutes ses cornes dans un placard pour passer au gobelet !
Les autres formes de vaisselle prennent progressivement davantage de place, mais les cornes à boire continuent d’exister au Moyen Âge tardif. Le British Museum conserve notamment une corne danoise du XVe siècle, en véritable corne avec une monture de cuivre doré.
À quelle occasion utiliser une corne à boire ?
De nos jours, boire dans une corne est une pratique relativement exceptionnelle. Quoi qu’il en soit, il y a bien quelques occasions !,
- jeux de rôle,
- médiévale,
- reconstitution historique,
- décoration,
- loisir,
- mariage…
On peut considérer l’usage qu’on en fera, l’endroit où on va l’exposer, les contextes dans lesquels elle va prendre sa place. Ces questionnements peuvent aider à cibler le genre de corne qui nous plaît ! Faites-vous une idée assez fine de l’étendue des possibles pour découvrir la vôtre ! à titre d’exemple, voici les cornes à boire du Chevalier du Drac.
Comment faire tenir une corne à boire
Cette corne, il faut pouvoir l’emmener avec soi. Et prévoir de la poser dans un endroit approprié. Comment attacher une corne à boire et la fixer ? C’est bel et bien un point à aborder pour en profiter pleinement. Deux accessoires répondent à deux besoins différents.
Le support de table
Un support pour corne à boire maintient le récipient vertical lorsque vous mangez, discutez ou souhaitez simplement conserver un peu de contenu pour plus tard. C’est particulièrement pratique lors d’un banquet, d’un mariage ou sur un camp de GN.
Le porte-corne de ceinture
Le porte-corne sert plutôt au transport. Généralement en cuir, il se fixe à la ceinture et maintient la corne lorsque vous vous déplacez. Attention toutefois : porter une corne pleine à la ceinture n’est pas forcément la meilleure idée du monde. Le porte-corne sert surtout à garder le récipient à portée de main entre deux utilisations.
Quelle contenance choisir ?
Tout dépend de l’usage.
| Contenance | Usage pratique |
|---|---|
| 10 à 20 cl | Toast, petite portion, format économique pour un achat en nombre |
| 30 à 40 cl | Format compact facile à utiliser |
| Environ 50 cl | Banquets, GN et usage régulier |
| 90 cl à 1 litre | Très spectaculaire, mais plus encombrant |
Pour la plupart des usages, 30 à 50 cl constituent un bon compromis entre présence visuelle, poids et facilité d’utilisation.
Une corne d’un litre produit évidemment son petit effet devant les autres convives. Il faut simplement se souvenir qu’une fois remplie, elle contient un litre et pèse donc plus d’un kilo. Plus besoin d’aller à la salle, rendez-vous à la taverne !
Quelle corne choisir pour un GN ?
En GN, privilégiez d’abord la praticité.
Une corne de taille moyenne est généralement plus facile à transporter qu’un modèle spectaculaire d’un litre. Ajoutez un porte-corne si vous souhaitez la garder à la ceinture et un support si elle doit rester sur la table du camp.
Gardez surtout une distinction entre récipient immersif et réserve d’eau. Une corne accompagne volontiers un repas ou un passage à la taverne ; elle remplace beaucoup moins efficacement une gourde lorsque vous devez vous hydrater toute la journée.
Une corne à boire est-elle adaptée à un mariage viking ou médiéval ?
Oui, et c’est même l’un des contextes où elle fonctionne particulièrement bien.
Vous pouvez réserver les cornes au toast, les utiliser à table avec des supports ou en offrir de petites comme souvenir aux invités.
Inutile cependant de condamner tout le monde à tenir une corne pendant des heures parce que le banquet doit rester immersif. Une fois la cérémonie passée, des verres stables peuvent parfaitement reprendre leurs droits.
L’immersion doit servir la fête, pas provoquer une quête secondaire à chaque fois que quelqu’un veut poser sa boisson.
si vous vous mariez prochainement, ne manquer pas notre article pour vous aidez à préparer un mariage viking ou médiéval.
Que boire dans une corne à boire ?
Quelles boissons verser dans une corne pour boire ? Ce sont des récipients pour les boissons froides. Il convient absolument d’éviter les boissons chaudes car elles déformeront vos cornes à boire. Les boissons acides et les alcools très forts sont aussi à éviter autant que possible. De tels breuvages pourraient décaper le vernis alimentaire.
Les enfant auront plaisir à y boire des sirops ou des boissons de vikings à base de lait. Pour les grands, il sera délicieusement à propos d’y boire de la bière ou des hydromels et d’autres boissons médiévales telles que le claret, l’hypocras, le moretum… Attention : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération !
Comment cirer une corne à boire ?
Remarquez qu’il est inutile de traiter les cornes à boire du Chevalier du Drac. Car un verni alimentaire les protège déjà. Vous risqueriez de modifier ou d’endommager son traitement d’origine.
Une corne dépourvue de verni ou de cire est impropre à la consommation. Si votre corne n’a pas de verni alimentaire, il faut la traiter. Et cirer une corne à boire peut être une activité plaisante et gratifiante !
Si votre corne est à nu, dépourvue de vernis ou de cire, vous pouvez lui faire ou lui refaire une couche de protection. Voici comment faire.
Il convient d’utiliser une cire de la meilleure qualité. Fraîchement sécrétée par les abeilles, la cire d’opercule est la plus pure. C’est celle que vous devez utiliser pour cirer votre corne à boire.
- Vérifiez avant tout les recommandations du fabricant : Une corne déjà protégée par un vernis ou un revêtement alimentaire ne doit pas être recouverte arbitrairement de cire. De plus, la cire d’abeille ne transforme pas magiquement n’importe quelle corne décorative en récipient alimentaire.
- Faites fondre la cire d’opercule à feu doux, sans faire bouillir. Pour cette opération, choisissez un vieux bol pour faire un bain-marie.
- Une fois la cire parfaitement liquide, vous pourrez la verser dans votre corne.
- Quand le liquide est bientôt prêt, passez l’intérieur de votre corne au sèche-cheveux. Seulement quelques secondes afin qu’elle soit tiède, pas froide.
- Coulez la cire d’abeille dans la corne.
- Faites un mouvement tournant en vidant la cire dans le bol. Ainsi, recouvrez uniformément les bords.
- Vous pouvez reproduire l’opération jusqu’à ce que tout l’intérieur de la corne soit ciré.
- Laissez la cire durcir.
- S’il y a des irrégularités, quelques secondes d’air chaud les lisseront. Récupérez alors le léger excédent dans le bol.
- Décollez les coulures sur le bord extérieur avec un couteau.
Cirer votre corne la protège, l’imperméabilise et la rend plus agréable à utiliser. Attention, ce traitement à la cire d’abeille donnera de fortes notes miellées à vos boissons.
Comment nettoyer les cornes à boire ?
Les cornes à boire sont formées de kératine. Comment les laver tout en respectant leur matériau ? C’est une matière naturelle qui supporte mal l’acidité, les températures élevées et le contact prolongé de l’eau. Le lave-vaisselle est donc à proscrire ! Laissez votre corne à boire longtemps au chaud ou au contact de l’eau la déformera. C’est pourquoi il est bon d’être attentif à quelques points :
- Nettoyez votre corne à boire à la main, sans détergent décapant.
- Préférez l’eau seulement froide ou tiède.
- Séchez-la consciencieusement et sans attendre.
- Entreposez votre corne plutôt à l’ombre.
Ainsi mugs et cornes conserveront longtemps leur beauté et leur utilité.
Pour un nettoyage impeccable, vous pouvez utiliser un produit vaisselle doux et un goupillon à poils souples.
Comment entretenir ses cornes à boire ?
Une ou deux fois par an, enduisez la kératine de quelques gouttes d’huile d’olive. Il n’est pas du tout nécessaire de le faire plus souvent, ni d’en utiliser une plus grande quantité. Il s’agit seulement de lustrer votre corne à boire.
Qu’est-ce que la corne ?
La kératine est le matériau naturel qui constitue les cornes à boire. Matériellement, ce n’est pas de l’os. La corne est une structure composée surtout de kératine, la même famille de protéines que les ongles, cheveux, sabots et griffes. Elle pousse autour d’un noyau osseux chez l’animal, mais pour fabriquer une corne à boire, on utilise l’étui corné externe, creux une fois préparé.
Chaque corne à boire est unique
Comme il s’agit d’une matière naturelle, deux cornes ne sont jamais parfaitement identiques. Forme, courbure, nuances claires ou sombres et motifs varient d’une pièce à l’autre. C’est une partie de leur charme — et une excellente raison de ne pas attendre d’une véritable corne qu’elle ressemble au millimètre près à sa voisine.
Chaque mug, chaque corne est donc unique. C’est pourquoi d’une manière générale, les images de cornes à la vente sont non contractuelles. Quoi qu’il en soit, en passant votre commande au Chevalier du Drac, vous pouvez indiquer que vous souhaitez une corne plutôt sombre ou une corne plutôt claire
Vous en savez maintenant plus sur les cornes à boire ! Voulez-vous en apprendre plus sur les gardiens de trésors les plus fameux ?